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PROJET D’EDUCATION PARTAGEE DANS LE SUD DE PARIS
Isabelle Causse-Mergui, orthophoniste, le 17/08/17
 
 
 
Ce projet a pour ambition d’améliorer le sort des enfants, adolescents, et adultes présentant des difficultés d’apprentissage. Il s’agit de créer une plateforme mettant en commun les problèmes, les solutions et créer des outils.

Objectif : Nous contribuerons ainsi à lutter contre la solitude des jeunes en échec d’un côté et celle des adultes professionnels ou bénévoles de l’éducation de l’autre. Pour cela il nous faut informer, former, soutenir et créer des échanges entre les nombreux intervenants de ce domaine, qui ne se rencontrent jamais.

Etat des lieux : En France, 140 000 jeunes sortent chaque année de l’école sans qualifications. L’illettrisme (comme l’innumérisme) a peu diminué en regard de la priorité accordée à ce problème par les divers gouvernements depuis 20 ans. On rencontre maintenant de nombreux illettrés adultes ayant bénéficié d’aides multiples au cours de leur enfance qui, faute d’être cohérentes, obtiennent un faible résultat, disproportionné par rapport à la quantité de moyens déployés. Les professionnels en charge de leur accompagnement, conscients de cet échec, expriment un besoin important d’échanges et de formation pour devenir plus efficaces.

Par ailleurs, du fait de l’intégration au sein de l’école, de tous les enfants, handicapés ou non, beaucoup d’intervenants sont démunis devant certaines situations quotidiennes et se sentent seuls.

Un programme de coordination de ces aides permettra aux divers intervenants de :

  • Utiliser un langage commun, 
  • Connaître des outils d’analyse et de remédiation déjà éprouvés par les spécialistes pour affronter l’hétérogénéité des difficultés d’apprentissage, 
  • Disposer des tests de « dépistage souple »,
  • L’objectif étant, nous le rappelons, de se sentir moins démunis et seuls au quotidien. 

Sont concernés les « co - éducateurs » suivants :
  1. Professeurs des écoles, de maternelle et primaire, enseignants de collège,
  2. Rééducateurs (Education Nationale ou Santé),
  3. Auxiliaires de Vie Scolaire, Médecins scolaires, Infirmiers scolaires
  4. Bénévoles de l’aide aux devoirs,
  5. Educateurs spécialisés de l’Aide Sociale à l’Enfance ou de l’Education Surveillée,
  6. Formateurs de l’illettrisme,
  7. Conseillers de Pôle Emploi et de l’insertion sociale,
  8. Assistantes maternelles ou parentales,
  9. Psychologues, Pédiatres, Psychiatres
  10. Parents, …
  11. Toute personne accompagnant des apprenants
NB : Le contenu des dispositifs envisagés ci-dessous pourra, en outre, intéresser d’autres intervenants dans la vie des jeunes en difficulté : juges, policiers, médecins, animateurs sociaux de quartier, etc.

4 dispositifs sont, pour l’instant, envisagés :

  • une conférence mensuelle traitera d’un thème : l’organisation dans l’espace et dans le temps, apprendre à apprendre, la compréhension de consignes, la numération, …Exposé par un spécialiste des questions d’apprentissage et de la rééducation, puis réponses aux questions.
  • six réunions par an de groupes de paroles traiteront de cas de jeunes qui posent problème aux éducateurs. 
  • trois séances par an de travail avec des enfants seront proposées dans un lieu associatif, les éducateurs observeront les enfants et leur fonctionnement. Cette séance sera suivie d'une analyse théorique et pratique des observations et du contenu des exercices : argent, fractions, heure inoubliable…
  • un forum internet dédié aux participants et animé par une rééducatrice, garante du bon fonctionnement des discussions : réponses aux questions, retour d’expériences, vidéos de séances avec les jeunes et de conférences, mises en place de suivis, bibliographie et sites ressources.

Perspective à moyen terme : En cas de succès de cette plateforme, son élargissement progressif à l’ensemble du pays pourra être envisagé. Une possibilité étant la duplication de la première plateforme de réunions locales, dans une, puis plusieurs régions, sous la houlette d’un (une) rééducateur (trice) compétent(e).

Soutiens actuels : maire adjoint d’Antony M. Le Bourhis, conseillère municipale Mme Quinzin, M. Quéré, académicien des Sciences, fondateur de « la main à la pâte ».

RÉFÉRENCES
 
*Conférence de presse du ministre pour la rentrée scolaire 2015-2016 : « Une école exigeante :…Les actions éducatives, les partenariats et les projets scolaires et périscolaires en lien avec la discipline mathématique seront développés et mieux valorisés…. » (Education.gouv.fr)

*En 1997 le Haut Comité de la Santé Publique écrivait :
« A côté d’une approche segmentée de l’enfance et de l’adolescence, l’analyse du développement de la personnalité apparaît plus pertinente et plus opérationnelle pour mener des actions de santé publique. Mais le cloisonnement institutionnel pour partie basé sur ces segmentations freine souvent l’émergence de solution innovante et continue. Le développement continu de la personnalité et de la santé de l’individu n’est pas pris en compte par le découpage par tranche d’âge (petite enfance, scolarité et adolescence, jeune adulte, travailleur) auquel correspond le cloisonnement institutionnel (PMI, ASE, politique de la faille, médecine scolaire, médecine du travail). Il plaide en faveur d’une plus grande prise en considération de l’histoire du développement de l’individu, de sa naissance à son insertion dans la société (0-25 ans en pratique). »

*En 1998 ont été créés le Contrats Educatifs Locaux :
« … au lieu de multiplier sans lien véritable les différentes actions qui poursuivent les mêmes objectifs, il convient, sur un même territoire, d’assurer leur articulation et leur cohérence tout en conservant à chacune d’elle sa particularité (finalités, critères, financement).
Le CEL vise à mettre en œuvre un projet éducatif conçu par les différents partenaires concernés par l’éducation des enfants et des jeunes (enseignants, parents, associations, élus, etc) et à rassembler tous les financements de façon cohérente : collectivités locales, ministères de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche, des Sports, de la Culture, de la Ville, caisses d’allocations familiales, ... »

*Citons F.Marchand dans «  Risquer l’éducation, vive l’échec scolaire provisoire » ( 1989)
« Nul n’est possesseur des seules solutions éducatives efficaces »
« L’éducation doit apprendre à intégrer et à gérer une pluralité de modèles de progrès, d’hypothèses et de solutions ».