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Conférences
 
publié le 2/09/19

Il n’est plus programmé de conférences pour cette année 2019, faute de bras. Les
 
personnes qui accompagnaient Isabelle Causse-Mergui à la création de l'association ne
 
sont plus là et le questionnaire a révélé que le public intéressé par les conférences ne peut
 
aider à leur organisation.
 
RESEDA s’associera avec d’autres associations ou avec des MJC du sud de Paris.
 
 
 
 
CONFERENCES PASSEES 
 
*mardi 4 juin 2019 / Eveil intellectuel de l'enfant : quel rôle pouvons-nous jouer au quotidien ? ( Isabelle Causse-Mergui, orthophoniste)
 
 
*mardi 16 avril 2019/ Les fonctions multiples du jeu: observation, développement , apprentissage et thérapies ( Velia Votadoro, psychomotricienne)
 
 
 
*21 janvier 2019/ les bébés et les livres ( Nathalie Virnot, psychologue)
 
 
*4 octobre 2018/ DES REPERES SUR LES DYS : DYSPHASIES, DYSLEXIES, DYSORTHOGRAPHIES, DU DEPISTAGE A LA REEDUCATION
(Béatrice Caron, orthophoniste)
 
 
*mai 2018/ quand l'école rend malade: la pression scolaire
(Dr Pablo Votadoro, pédopsychiatre)
 
 
*janvier 2018/ comprendre et accompagner l'acquisition du nombre chez l'enfant
( Laurence Richez, orthophoniste)
 
 *décembre 2017/ l'enfant et le temps ( Bernadette Guéritte-Hess, orthophoniste, psychomotricienne, enseignante)
 
*octobre 2017/ réussir , cela s'apprend (Hélène Catroux, psychopédagogue)
 
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40 personnes ont bénéficié de l’expérience de Nathalie Virnot, psychologue, qui depuis 40 ans lit des livres aux bébés pour lutter contre l’illettrisme. Beaucoup d’enfants arrivent à l’âge de l’écrit sans avoir vu de livres chez eux ni vu leurs parents lire. Après un film réalisé par l’association ACCES, dont elle est lectrice-formatrice, elle nous a expliqué l’intérêt de lire à un seul enfant parmi plusieurs autres, l’utilité des grands livres, comment choisir un livre… Le public, en majorité employés de crèches ou (grands-)parents, a pu poser ses questions pendant une heure et compulser des livres disposés sur une grande table. Une liste conseillée est à la disposition de tous sur demande. Certains auditeurs sont déjà impliqués dans la création ou le suivi de dispositifs de lecture aux petits dans des salles d’attente de PMI, crèches, maternités etc…et ils ont pu conforter ou approfondir leur pratique en posant des questions précises à l'intervenante.
 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
Munie d'un support porwerpoint didactique, Mme Caron a expliqué tous les apsects de ces troubles à un public de parents et orthophonistes qui ont pu discuter et témoigner une heure ensemble. Interrogée sur les neurosciences, elle a affirmé qu'il n'y avait pas encore de cohortes suffisantes d'enfants étudiés pour pouvoir en déduire des idées nouvelles.
 
 
 
 
Dr Pablo Votadoro est pédopsychiatre,  spécialiste des adolescents depuis 20 ans. Il a longtemps travaillé à La Verrière, Hopital de la MGEN, où il a participé à la création de l’unité d’hospitalisation pour adolescents. Son passage dans cette institution lui a donné l’occasion d’être au contact de la souffrance des enseignants. Actuellement il continue à recevoir des jeunes en hospitalisation et en consultation à l’Institut Mutualiste Montsouris ( Paris 14ème) dans le service du Professeur Corcos. Il est par ailleurs docteur en psychologie, attaché au laboratoire de recherche en psychanalyse, médecine et société, de Paris VII. Ses recherches s’orientent sur les nouvelles formes de pathologies mentales des adolescents en lien avec les évolutions sociales et culturelles. 
 
Il y a eu peu de retours sur cette conférence riche et dense. Une personne a pu parler différemment à son adolescent le soir-même et une autre est allée consulter avec satisfaction au service de psychiatrie de l'Institut Montsouris avec sa fille.
 
 
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Conférence du 29 Mars 2018
DES REPERES DUR LE DYS : DYSPHASIES, DYSLEXIES, DYSORTHOGRAPHIES, DU DEPISTAGE A LA REEDUCATION
(Béatrice Caron)
 
Cette conférence n'a pas pu avoir lieu faute d'inscrits. Elle est reportée à l'automne. N'oubliez pas de vous inscrire! 
 
 
 
 
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Conférence du 29 Janvier 2018
COMPRENDRE ET ACCOMPAGNER L'ACQUISITION DU NOMBRE CHEZ L'ENFANT
(Laurence Richez)
 
Introduction à la Conférence
 
Merci d’être venus nombreux dans cet endroit reculé et peu éclairé. Merci aussi à la ville d’Antony de nous avoir soutenus pour la 3ème fois dans l’organisation, la publicité et le prêt de la salle.

Cette conférence suivie de questions doit se terminer à 22h30.

Je voudrais vous dire trois choses :
- Notre association, RESEDA, créée en octobre dernier, a absolument besoin d’adhérents. L’adhésion est de 10 € pour l’année, pour 6 conférences gratuites grâce à la mairie. Vos adhésions permettraient de financer le webmaster qui a presque fini notre site. Ce site partagera des videos, des bibliographies, un forum pour vos questions, un instrumentarium pour partager du matériel. Je vous remercie de prendre des bulletins d’adhésion à la sortie et si vous n’avez pas le temps de rester les remplir, me les renvoyer après-coup. Deux collègues adhérentes vous les proposeront à la sortie.
- Par ailleurs lorsque je demande des subventions on me demande toujours une évaluation qualitative de mon action. Donc je serais reconnaissante aux personnes qui le peuvent de m’écrire un petit mot court, expliquant ce que vous a apporté la conférence et si vous avez appliqué des idées.
- J’imagine que cette conférence ne suffira pas à un certain nombre de personnes parmi vous, dont c’est le souci quotidien d’enseigner le nombre dans les classes. Je vous propose donc d’organiser deux soirées supplémentaires, deux séances de travail où vous pourrez vraiment exposer des difficultés particulières que vous avez avec tel enfant. Inscrivez-vous par mail ou sur le papier que vous trouverez aussi à la sortie, si vous êtes intéressés, avec vos soirs de préférence et nous tâcherons d’organiser ces séances au mieux.

Notre conférencière, Laurence Richez, est orthophoniste depuis plus de 30 ans, Master Recherche en Psychologie Cognitive, chargée d’enseignement en cognition mathématique et formatrice en rééducation logico-mathématique. Son domaine de recherches est le lien entre les fonctions exécutives, les troubles du raisonnement logique et la dyscalculie.
 
 
Notre conférencière, Laurence Richez, est orthophoniste depuis plus de 30 ans, Master Recherche en Psychologie Cognitive, chargée d’enseignement en cognition mathématique et formatrice en rééducation logico-mathématique. Son domaine de recherches est le lien entre les fonctions exécutives, les troubles du raisonnement logique et la dyscalculie.
 
 
lettres reçues des participants à la Conférence
 
Bonjour Isabelle et MERCI pour cette conférence multi public de Laurence Richez . Espérant qu'il y aura une vraie prise de conscience de la nécessité du travail cognitif pour nos patients et même tous les enfants, afin de donner un sens aux apprentissages et leur permettre d'évoluer en toute confiance.
Amicalement, I G, orthophoniste

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En ce qui concerne la conférence de Laurence hier soir, elle m'a permis de faire une synthèse du nombre chez l'enfant. Même si je connaissais chacune des approches, c'était fort intéressant d'écouter le point de vue de Laurence. Cela m'a donné envie de relire un certain nombre d'auteurs, et d'approfondir les théories. J'ai tout particulièrement apprécié son regard sur les détracteurs de Piaget et la confrontation avec les théories neurosciences. Contrairement à Ménissier est n'enterre pas Piaget mais inscrit le modernisme dans le prolongement de l'histoire. Oudé avait fait de même lors de sa conférence en neuro-pédagogie. Pas les uns contre les autres, mais les uns avec les autres pour le bien des enfants.
La conférence sur le nombre chez l'enfant me donne tout particulièrement envie d'approfondir nos connaissances sur le nombre chez l'adolescent et chez l'adulte en situation d'innumérisme. Tu sais comme moi que ces deux populations sont les parents pauvres de toutes les associations, les recherches ... Certes il faut prendre correctement en charge les jeunes enfants mais nous sommes responsables aussi de l'avenir des jeunes et des personnes en situation de recherche d'emploi.
(rééducatrice)
 
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Je vous remercie pour la conférence d'hier qui nous a vivement intéressés, mon mari et moi.
Elle nous a également fait prendre conscience du "retard" pris par notre fille dans ces acquisitions depuis la maternelle. Si nous le pressentons depuis la primaire, il nous semble désormais clair que les acquisitions dès la maternelle n'étaient pas celles attendues.
Le prochain objectif est sans doute que Lena arrive à ne plus compter sur ses doigts avant le passage en troisième ? (parents)
 
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Je voudrais vous remercier pour la conférence d'hier soir ainsi que Madame Richez. 
La présentation était très claire, très compréhensible pour les parents, les non professionnels dans ce domaine. 
Pour ma part j'ai appris beaucoup de choses. 
Je participerai volontiers aux prochaines conférences.
 
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Je souhaitais vous remercier pour la qualité de cette conférence. En tant que parent d’une jeune fille de 10 ans présentant des difficultés logico-mathématiques, l’intervention de Mme Richez était salutaire pour une bonne approche théorique de la notion de nombre chez l’enfant. Le sujet est bien vaste pour 2h de temps et une deuxième conférence pour aborder la seconde partie (“accompagner”) serait bienvenue !

J’avais également quelques questions qui me sont venue après coup, serait-il possible de les faire passer à Mme Richez, si cela ne la dérange pas ?

Bien cordialement (parent)
 
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Je tenais à remercier Laurence Richez pour son intervention passionnante à Antony. N’étant pas professionnel de l’orthophonie, j’ai réellement apprécié qu’elle nous expose à tous simplement sans notions trop techniques les fondements de l’acquisition du nombre chez l’enfant. En tant que futur éducateur jeunes enfants 3/6 ans, en formation Montessori, j’ai pu constater combien la pédagogie de Maria Montessori respectait le fonctionnement du cerveau en développement du jeune enfant afin qu’il construise son nombre. J’ai appris d’autre part des aspects très importants concernant l’acquisition du « 0 ». Je vais veiller à les utiliser avec mes futurs petits « élèves », je l’espère dès la rentrée prochaine. Je vous souhaite de continuer de proposer des interventions de cette qualité. Avec mes remerciements renouvelés, Meilleures salutations
 
 
 
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Conférence du 13 Décembre 2017
L’ENFANT ET LE TEMPS (Bernadette Guéritte-Hess)
 
Lettre A l’attention des personnels formant des adolescents ou adultes présentant de grandes difficultés d’apprentissage et/ou illettrés

Orthophoniste depuis 40 ans, je me suis beaucoup occupée de former des formateurs dans le domaine de l’illettrisme et de l’insertion professionnelle de jeunes, handicapés ou non, en France. Spécialisée dans l’échec en  mathématiques, je sais que les professionnels sont très en demande de formation dans ce domaine, pour aider les apprenants à acquérir les compétences de base et obtenir des qualifications. 

Je viens de créer une association à Antony qui organise des conférences mensuelles sur des thèmes autour des difficultés à apprendre. Notre prochaine conférence, le 13/12/17, concernera l’Enfant et le Temps. 

J’ai rencontré au cours de ma carrière de nombreuses personnes sans qualification (les illettrés, apprentis et chômeurs) qui arrivent en retard à leurs rendez-vous, par exemple, et dont le retard est interprété comme un manque de motivation par les employeurs et maîtres d’apprentissages. Nous avons un message à faire passer pour leur faire prendre conscience qu’il y a aussi un travail à faire sur le plan cognitif pour éduquer chez les apprenants le sens des durées, la réversibilité mentale dans le temps, etc…On peut améliorer ces compétences (respect d’un rendez-vous) avec un travail spécialisé, même à l’âge adulte. 

C’est pourquoi j’aurais aimé inviter des responsables de l’orientation des jeunes adultes et adultes à notre conférence pour les sensibiliser à ce problème. La conférencière (83 ans) B.Guéritte-Hess est une orthophoniste, psychomo-tricienne, institutrice remarquable qui a une longue expérience de la rééducation des problèmes de structuration du temps. Elle passionne les foules et donnera des idées concrètes à mettre en oeuvre au quotidien, tout en expliquant clairement les causes des troubles dans le temps. 
 
Introduction à la Conférence
 
Merci d’avoir bravé si nombreux les intempéries, les grippes et autres obstacles pour notre 2ème conférence.
Merci aussi à la ville d’Antony qui pour la 2ème fois a assuré toute les logistique et la salle. M. Le Bourhis, maire adjoint regrette de ne pouvoir rester et Mme Quinzin, qui est ici, m’a soutenue corps et âme.

L’association RESEDA s’est fixé pour but de réunir des professionnels et des bénévoles de l’éducation qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer.
Nous avons conscience qu’il est très difficile de satisfaire tout le monde quand on s’adresse à des gens d’horizons si variés, et donc certains peuvent rester sur leur faim. Sur les papiers de l’entrée suggérant des thèmes de conférences ou de formations, n’hésitez pas à noter ce que vous voudriez voir approfondir. Les prochaines conférences prévues parleront du nombre, de la dyslexie dysorthographie, des dangers de écrans, de la pression scolaire, des bébés et des livres…

Nous avons fait beaucoup de publicité pour ce soir dans le domaine de la petite enfance, où beaucoup d’entre vous êtes impliqués. En effet la notion de temps est cruciale dans le développement intellectuel, affectif, et social de l’enfant.

Les chiffres récents montrent qu’actuellement un pauvre sur deux en France a moins de 30 ans, est une femme seule non- qualifiée avec des enfants petits. Ces enfants pauvres ne vont pas en crèche, ils restent à la maison avec des mères peu diplômées qui font de petits temps partiels puis cessent de travailler. Elles ne savent pas qu’il faut parler à leurs enfants, jouer avec, leur lire des histoires et n’organisent pas leur temps. Ces enfants resteront donc pauvres et en échec sur le plan du langage et du raisonnement. Nous faisons donc de la prévention.

A l’autre bout de la chaine, il y a en France beaucoup d’adolescents et d’adultes non qualifiés, qui arrivent en retard à leurs rendez-vous, sur leurs chantiers ou lieux de stage.
Un employeur non informé est loin de pouvoir imaginer que si l’un de ses apprentis ou salariés arrive en retard lors d’un changement de chantier, la raison ne repose pas forcément sur de la mauvaise volonté ou sur un réveil tardif, mais bien sur une incapacité de tenir compte simultanément de toutes les données temporelles spatiales, opératoires, ainsi que la gestion de la causalité et des conséquences, dans la situation donnée.

Bernadette Guéritte et moi-même avons beaucoup travaillé dans le domaine de l’illettrisme. Nous avons formé des formateurs pour qu’ils attirent l’attention des maitres de stage, des conseillers de pôle emploi, etc…sur le fait que l’on peut faire un travail de rééducation pour aider ces personnes dans la structuration du temps et ainsi leur permettre d’être insérés dans le monde du travail et non exclus.
Mais bien sûr ce sera plus long que si c’est fait dès le plus jeune âge.

Pour finir, j’ai mis sur la table de l’entrée deux boites : l’une pour les adhésions à l’association, avec un bulletin d’inscription et un trombone pour attacher votre chèque ou votre billet de 10 € ; l’autre pour vos idées de conférences et souhaits de formation.

Il est prévu un site internet avec des vidéos, des bibliographies, un forum de discussion dans quelques mois. Nous aurons aussi un instrumentarium, avec prêt de matériel à Antony. Un groupe cuisine et mathématiques a commencé au Centre social et culturel. Un groupe de jeux logiques pour enfants à difficultés de langage en CE2 commence en mars à l’école Jules Ferry. Des groupes de paroles sont prévus, pour parler de ses difficultés avec un jeune ou un groupe de jeunes. Cet ensemble d’outils permettra de faire levier, de démultiplier nos efforts.
 
 
Bernadette Guéritte-Hess est institutrice, psychomotricienne, orthophoniste.
Elle a formé de nombreux publics de professionnels dans la rééducation et l’éducation logico-mathématique. Dans les pays francophones, dans les DOM TOM. Elle a beaucoup formé de gens du milieu enseignant, les rééducateurs spécialisés CAPASH et maîtres E. Des écoles entières travaillent avec elle chaque année. Elle forme aussi des formateurs dans la lutte contre l’illettrisme.
Elle a publié de nombreux livres pratiques: le Nombre et la Numération, les Maths à toutes les Sauces, l’Enfant et le Temps, Au fait, c’est quoi pour vous la virgule en Mathématiques ?, 100 Idées pour apprendre à compter au quotidien avec de la monnaie, 100 Idées pour apprendre à résoudre les problèmes en maths.
Ce sont les enfants sourds qui lui ont le plus appris concernant la structuration du temps dont nous parlons ce soir.
 
 
lettres reçues des participants à la Conférence
 
J’ai apprécié la vivacité et la clarté de Bernadette. Quelle sacrée bonne femme, si je peux me permettre !!! J'ai vraiment eu le sentiment, tout du long de son exposé, d'être confortée aussi dans mes intérêts et choix en cours quant au logico-mathématique et tout ce qui touche à sa construction...

J'allais justement vous envoyer un message pour moi-même vous remercier d'avoir pu me faire découvrir cette conférence. J'ai adoré et j'ai trouvé ça très inspirant. 

J'ai vivement apprécié l'intervention de Bernadette et je suis heureuse de l'avoir enfin rencontrée tout comme toi.
J'ai animé bénévolement des ateliers de théâtre ds l'école de ma fille à Bourg la Reine et je vais donner les coordonnées de l'association aux institutrices car je suis sûre qu'elles seront intéressées par ce qui est proposé! 

EXTRAORDINAIRE notre BERNADETTE
Quel bonheur d échanger avec elle....j ai été remplie de joie toute la soirée et ça dure ce matin!
Au delà de ce qu’elle transmet comme "SAVOIR", avec tant de simplicité ,elle inonde ma personne d' une joie étrange , qu’a -t-elle pu toucher en moi avec l’histoire de sa petite chronique??

Si elle fait des interventions ailleurs préviens moi svp ...( même en province) !

Concernant la dernière conférence, j'ai trouvé Madame Guéritte-Hess exceptionnelle, je suis ravie d'avoir assisté à un de ses conférences!
Pour le contenu, cela donne des idées de petites choses à mettre en place au cabinet. Pour les orthophonistes formés en logico-math, on aimerait forcément un peu plus de théorie; j'imagine que son livre sur le temps sera un bon complément. 
J'ai trouvé que c'était un bon compromis pour que chaque personne présente puisse en retirer des idées. 

Je n'avais jamais eu l'occasion de voir Bernadette jouer de son auditoire dans une conférence. Je suis vraiment heureuse de l'avoir vu expliquer le temps chez l'enfant, comme seule, elle sait le faire. Chaque détail de sa mise en scène apporte une connaissance sur l'enfant, sur notre rôle en tant que professionnel accompagnant. Tout est à prendre.
 
Texte destiné aux professionnels de la petite enfance à propos de la Conférence

L’ENFANT ET LE TEMPS (Bernadette Guéritte-Hess)

Dès tout-petit, l’enfant s’interroge sur ce temps qu’il ne voit pas mais qu’il habite ; sur ce temps que l’on structure aussi pour lui et auquel il doit s’adapter. Contrairement à une idée reçue, le sens du temps n’est pas inné : il se construit progressivement au cours de l’enfance par le biais d’intuitions, d’apprentissages et, surtout, de raisonnements…. Quand le sens du temps ne se construit pas, c’est l’existence tout entière qui en est affectée …Heureusement les troubles dans le temps sont loin d’être aussi irréversibles que le temps lui-même.
Les intervenants de la petite enfance sont au cœur de la prévention des difficultés intellectuelles et de l’échec scolaire des jeunes et seront intéressés par ce sujet très vaste. Ils trouveront des idées pratiques pour structurer la notion de temps chez les petits au quotidien.


4ème de couverture du livre l’Enfant et le Temps ( éditions Le Pommier), B.Guéritte-Hess

Comment le temps se construit-il dans la tête d'un enfant ? Par quel cheminement un enfant, qui vit avant tout dans le présent, l'immédiateté, parvient-il à se projeter dans le futur et à se retourner sur le passé ? Comment acquiert-il le sens de la durée ? Comment, dès tout-petit, appréhende-t-il le temps, cette notion invisible, qui, pourtant, de son lever à son coucher, rythme sa journée, sa vie même ? Quelles sont les structures logico-mathématiques sur lesquelles le temps se construit dans la tête d'un enfant ? Par quelles étapes est-il indispensable de passer pour que cette construction soit harmonieuse ? En cas de retard dans ces acquisitions, comment tenter de comprendre si les causes sont d'ordre psychologique, subjectif, objectif ou mathématique ? L'AUTEUR Bernadette Gueritte-Hess est orthophoniste, spécialisée en rééducation logico-mathématique. Cette méthode, dont elle est l'ambassadrice aux quatre coins de France, est inspirée des théories de Piaget, selon lesquelles il existe un lien étroit entre la structuration de notre pensée et la façon dont le raisonnement mathématique se construit au fur et à mesure des apprentissages. LES POINTS FORTS L'ouvrage d'une vie : toute l'expérience de Bernadette Gueritte-Hess - sur un sujet qui a toujours été au coeur de son enseignement et sur lequel on trouve peu d'ouvrages, souvent parcellaires - est ici concentrée en 384 pages claires et lumineuses.
 
 
 
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Conférence du 16 Novembre 2017
REUSSIR, CELA S’APPREND (Hélène Catroux)
 
Introduction à la Conférence

Je vous remercie d’être venus si nombreux. Merci aussi à la ville d’Antony de nous avoir fourni toute la logistique pour organiser cet évènement.

Avant de vous présenter la conférencière, je vais vous dire quelques mots de l’association que je viens de créer avec V.de S, H.C, et Flo E.

Je suis orthophoniste rééducatrice en mathématiques depuis plus de 40 ans. J’ai eu ainsi l’opportunité de redonner envie d’étudier à des centaines d’enfants de toutes sortes, handicapés ou non.
J’ai, entre autres, constaté deux choses :

Je me suis toujours formée et j’ai toujours trouvé cela nécessaire pour mieux aider mes patients. J’ai aussi très tôt commencé à être formatrice, c’est-à-dire à transmettre ce que je découvrais. J’y ai rencontré beaucoup de gens qui se retrouvaient dans des situations professionnelles difficiles ou même insolubles parce qu’ils n’étaient pas suffisamment formés. Tout le monde s’accorde à dire que pour éduquer il faut plus de formation tout au long de la vie.
J’ai souvent du répéter aux professeurs particuliers, aux enseignants, aux parents les mêmes choses : ne raisonnez pas à la place de l’enfant, si quelque chose ne marche pas il faut faire autrement, etc…j’ai leur ai expliqué des milliers de fois comment aider les enfants avec la structuration du temps, la compréhension de la lecture, les tables de multiplication, etc… J’ai décidé de transmettre à un public plus large la synthèse de mes formations.


Evidemment j’ai créé cette assoc avec des collègues-amies qui soit m’ont formée, soit ont été formées avec moi, en tout cas avec qui j’ai toujours pu beaucoup échanger à propos de mes patients.

- Dans notre pays les enfants de tous milieux ont des possibilités d’aides diverses. Mais le manque de synergie entre les personnes rend peu efficace l’action de chacun.
Il y a un mois l’un de mes patients en difficultés a échoué son contrôle sur les nombres relatifs qu’il avait préparé avec moi. J’avais vérifié au préalable que la méthode de son enseignant ne lui convenait pas, pour lui en donner une autre. Renseignements pris, son prof particulier lui avait expliqué d’une 3ème façon. Embrouillé, il était peu probable que ce jeune s’en sorte. Donc il faut plus de coordination.

Il n’est pas normal que chaque année 140 000 jeunes sortent de l’école française sans qualifications. 5 % des franciliens sont illettrés. Il n’est pas normal non plus que la lutte contre l’illettrisme initiée il y a 20 ans, souvent baptisée « grande cause nationale » ne donne pas de meilleurs résultats. On trouve maintenant des illettrés qui ont bénéficié d’aides multiples au cours de leur jeunesse, sans résultats efficaces. Nous voudrions contribuer à l’effort pour coordonner les divers intervenants dans notre banlieue sud.

Chacun d’entre vous se demande certainement déjà si nous traiterons des thèmes qui l’intéressent, en conférences ou en plus petits groupes de formation.
J’ai mis sur la table de l’entrée deux boites : l’une pour les adhésions à l’association, avec un bulletin d’inscription et un trombone pour attacher votre chèque ou votre billet de 10 € ; l’autre pour vos idées de conférences et souhaits de formation. Il est prévu un site internet avec des vidéos, des bibliographies, un forum de discussion dans quelques mois. Nous aurons aussi un instrumentarium, avec prêt de matériel à Antony. Des groupes de paroles sont prévus, pour parler de ses difficultés avec un jeune ou un groupe de jeunes. Cet ensemble d’outils permettra de faire levier, de démultiplier nos efforts.

Vous voyez qu’avec l’âge j’ai de plus en plus d’ambition !
 

Hélène CATROUX est psycho pédagogue, consultante à Paris où elle reçoit des enfants et des adolescents pour les accompagner dans leur cursus scolaire.
Elle a fait des liens entre les processus mentaux de l’apprentissage, la neurologie et la psychologie.
Elle a mis en place différentes propositions pédagogiques dans des écoles privées et publiques en France et en Suisse.
Elle a publié avec Arielle Adda (psychologue) « l’enfant doué, l’intelligence réconciliée » chez Odile Jacob.
Je vous signale que ce livre ainsi que d’autres concernant le sujet de ce soir sont à la médiathèque d’Antony et à la librairie INKIPIT.
 
 
Compte Rendu de la Conférence

H. Catroux nous a parlé des théories d’A. de La Garanderie, pédagogue et philosophe qui a appliqué à la pédagogie les connaissances théoriques sur les lois de l’intelligence. Il a montré que donner à l’apprenant le pouvoir de connaître son fonctionnement intellectuel, de prendre en compte ses spécificités, ses besoins et ceux de l’école, lui permettait de mieux gérer la tâche.
Elle a parlé de la mise en projet : selon le projet que l’on a (lire pour son plaisir ou pour en discuter avec le prof ?) le résultat pour la mémoire est différent. Etre attentif c’est se rendre disponible avec ses 5 sens, être en projet d’évoquer, puis évoquer, comprendre et mémoriser avec des images mentales visuelles, auditives ou kinesthésiques : comment est revenu le film que tu as vu récemment ? tu as entendu des sons ? vu des mots, des images, des mouvements… ?
Tout ceci permet à un jeune de se dire que ce n’est pas son intelligence qui est en cause dans un éventuel échec mais sa façon de l’utiliser : il devra changer de stratégie et non se changer lui-même, ce qui est plus encourageant.
Beaucoup de gens ont du mal à imaginer que les autres ne fonctionnent pas comme eux et même quand ils le savent ils ne voient pas comment s’adapter à l’autre. La conférencière nous a donné des idées de choses concrètes et simples à dire pour mieux aider un enfant : « Quand tu ne comprends pas, qu’est-ce que tu comprends ? » « Quand tu cherches à comprendre, à quoi peux-tu faire appel ? » « Laisse-toi chercher »….
Les échanges avec le public qui ont suivi, ont fait se rencontrer désarroi et espoir : le désarroi de ceux (parents ou enseignants) qui sont quotidiennement démunis devant les difficultés d'apprentissage à l'école ; l'espoir que peut apporter une bonne connaissance des procédures mentales pour y faire face.
 
 
 
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CONFERENCE DONNEE AU SALON DE L'EDUCATION (Octobre 2000)
 
PEUT-ON APPRENDRE SANS MOTIVATION ? 
 
Avec
Isabelle CAUSSE-MERGUI, Orthophoniste
Cécile DELANNOY, Professeur à l’IUFM des Pays de Loire
Philippe MEIRIEU, Professeur en Sciences de l’Education à l’Université Lumière Lyon 2
Le débat est animé par Pascale Certa-Lafitte.


Pascale CERTA-LAFITTE
Si on en croit la formule utilisée en pédagogie, il semble que la motivation soit toujours suspecte. Sans motivation, sans plaisir et sans envie, je crois que beaucoup d’entre nous n’iraient pas bien loin.

Pour aborder ce sujet, nous accueillons Cécile Delannoy, ancien professeur à l’IUFM des Pays de la Loire, ancienne directrice des Cahiers pédagogiques et secrétaire de AXAS, association qui réunit des pédagogues et des psychanalystes autour des problèmes de l’école. Son dernier ouvrage « Elèves à problèmes, école à solutions «  est paru aux Editions ESF.
Par ailleurs, Isabelle Causse-Mergui publie aux Editions du Pommier un livre intitulé « A chaque enfant ses talents, vaincre l’échec scolaire » et travaille depuis 23 ans en tant qu’orthophoniste auprès d’enfants en échec scolaire. Son prochain livre, actuellement en préparation, aura pour titre « La cuisine et les maths ».
Enfin, la dernière publication de Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation à l’Université Louis Lumière Lyon 2, s’intitule « L’école et les parents, la grande explication » et est parue aux Editions Plon.
Pour commencer ce débat, pouvez-vous nous définir la motivation ? 
 
Cécile DELANNOY
C’est impossible de répondre à cette question. Je crois aujourd’hui - ce n’est pas exactement ce que j’ai écrit dans mon petit bouquin sur la motivation - qu’on n’appréhende que la face émergée de l’iceberg. Il y a tout un inconscient de la motivation sur lequel on sait très peu de choses.
Les couches émergées
Ce qui émerge en surface, au niveau conscient, est de l’ordre de la volonté.
En-dessous, se trouve la couche du désir qui est encore assez consciente :
désir de faire plaisir à ses parents,
désir de présenter une bonne image de soi
désir du savoir.
L’enfant, ou l’adolescent, est traversé par un certain nombre de pulsions dans lesquelles il peut y avoir le désir de comprendre. Avant le désir d’accéder au sens, une autre envie a dû être éveillée par des adultes : une envie de faire plaisir, à ses parents, à l’enseignant, et une envie de présenter de soi une image valorisante. Les vraies quêtes de l’enfant sont d’abord identitaires : présenter à son entourage une image qui lui vaille un regard d ’admiration, un regard d’amour, une reconnaissance de l’autre.
La couche immergée
Encore en-dessous, la face complètement immergée de l’iceberg est analysée par Serge Boimare dans son très beau livre sur « La peur d’apprendre » . Je reformule les étapes décrites par Serge Boimare avec le vocabulaire de Jacques Lévine.
D’abord, l’enfant éprouve le besoin d’une connaissance qui est fusionnelle. On adhère, on découvre par le corps, on s’incorpore. Le gosse goûte, lèche, porte à sa bouche, suce. Or, il n’accèdera au savoir que quand il réussira à se séparer, à mettre les choses à distance.
Puis il passe par un désir de toute puissance. Il a besoin d’avoir toujours raison, d’être le plus fort, de se croire invulnérable. C’est la phase mégalomaniaque. L’enfant qui reste à cette phase ne peut pas apprendre. Il faut dépasser cette phase pour accepter le doute, l’incertitude de ne pas savoir.
Enfin, il entre dans la phase oedipienne avec le désir de percer les mystères autour de lui. Encore faut-il que l’univers à connaître ne soit pas un univers trop effrayant, qui réveillerait à l’intérieur de lui des images insupportables.
Quand on dit qu’un enfant ne peut pas apprendre parce qu’il n’est pas motivé, je pense qu’on ne sait pas trop bien quelle est la couche qui résiste.
Est-ce le manque de désir,
est-ce le fait d’avoir été mis en échec trop tôt, l’école ne lui renvoyant pas une image valorisée de lui,
ou est-ce au niveau des couches profondes qu’il y a une espèce d’empêchement à penser ?
On n’en sait rien.
 
Pascale CERTA-LAFITTE
Philippe Meirieu, partagez-vous cette analyse ?
 
Philippe MEIRIEU
Il y a plusieurs manières de décrire le phénomène de la motivation. Cécile vient de le faire très bien sur le mode psychologique et clinique. Je vais pour ma part expliquer comment les pédagogues ont tenté de travailler sur la motivation.
Les pédagogues ont pour objectif, comme le disait Freinet de « faire boire les chevaux qui n’ont pas soif ». Jeannine Filloux dans les années 60 avait déjà sous-titré son livre « Du contrat pédagogique » d’une formule qu’elle avait empruntée à Fourier « comment faire aimer les mathématiques à une jeune fille qui n’aime que l’ail ». Aujourd’hui, on dirait plutôt « ...à une jeune fille qui n’aime qu’Ally Mac Beal », mais ce serait le même problème.
La matrice du travail sur la motivation, c’est l’Emile de Rousseau. Emile n’aime pas l’ astronomie. Il n’a pas retenu les quatre points cardinaux. Il n’est pas capable de se retrouver dans un bois où il se perd. Un jour, son précepteur décide de le perdre, en choisissant un moment où Emile a l’estomac creux. Le pédagogue s’organise pour détourner le désir de se nourrir vers un désir d ’apprendre. A partir de cette expérience, Emile va réussir à s’orienter dans la forêt. Il va se motiver miraculeusement pour la topographie et l’organisation de l’espace.
Depuis, les pédagogues n’ont rien fait d’autre que de décliner à l’infini la ruse rousseauiste : comment faire désirer à un enfant ce qu’ il ne désire pas, en prenant appui sur ce qu’il désire, en installant sur son chemin des obstacles ou des situations qui lui permettent d’accéder à ce qu’on sait qui est bien pour lui !. Mais lui ne sait pas encore ce qui est bien pour lui. S’il le savait, il sera déjà éduqué.
Cette ruse se décline en trois modalités :
S’identifier à l’adulte
L’adulte est censé incarner le modèle de réussite, le plaisir de comprendre, la soif d’apprendre ; il est un adulte auquel on veut ressembler.
De toute évidence, cette identification est rendue plus difficile aujourd’hui dans la mesure où l’adulte s’accepte moins comme objet d’identification. Dans certains cas, l’inversion du système identificatoire est quasiment complète puisque vous comme moi cherchons à nous comporter, à parler et à nous habiller comme des adolescents.
Le phénomène de l’identification a fonctionné très longtemps. Il fonctionne très bien dans une certaine complicité culturelle. Mais il est en crise parce que les modèles identificatoires sont très éclatés. Il n’y a même plus de consensus au sein de l’institution scolaire sur qui peut incarner le modèle identificatoire vers lequel on pourrait se projeter.
Jouer sur le désir
L’idée serait d’exploiter ce qui serait immédiatement ou directement utile à l’enfant. Par exemple, apprendre la proportionnalité à un enfant qui a envie de faire un gâteau. Il s’agit d’utiliser un désir qui existe déjà pour le transformer en désir d ’apprendre.
Sur ce point, j’ai une petite divergence avec Cécile. Je crois que le fait de dire qu’on est motivé pour savoir ne veut pas forcément dire qu’on est motivé pour apprendre. Aujourd’hui précisément, l’essentiel du progrès technologique, et plus encore depuis l’introduction du numérique, consiste à nous offrir des moyens de savoir sans apprendre.
Quand l’école dit qu’elle mise sur la volonté de savoir pour imposer aux enfants d’apprendre, elle rame à contre-courant car, pour savoir, apprendre est la chose la plus difficile. Le plus facile, c’est de s’adresser à quelqu’un qui sait déjà, ou de trouver quelque chose qui est déjà fait, ou de trouver le moyen de ne pas avoir à passer par ce long détour de l’apprentissage. En effet, l’apprentissage est compliqué, consommateur de temps et d’énergie et produit un résultat qui souvent est médiocre comparé à celui obtenu en s’adressant à un professionnel.
Jouer sur le sens
On dit beaucoup « donner du sens au savoir ». C’est un slogan répété de manière systématique. Mais on ne sait pas toujours très bien ce que veut dire « sens ». On confond différents registres : l’utile et le sens, le fonctionnel et le symbolique, …Nous nous heurtons aujourd’hui à des difficultés importantes. Il est difficile de faire comprendre que le savoir a du sens à certains élèves parce que le savoir scolaire ne fait pas partie de leur univers et de leurs préoccupations.
Quand Claude Lévi-Strauss décrit les peuples primitifs d’Amérique du Sud, il observe que ces gens-là font des kilomètres dans la forêt pour aller chercher des herbes nauséabondes dont ils font des décoctions compliquées pour se nourrir. Alors qu’à côté d’eux, poussent des baies sauvages délicieuses et nutritives auxquelles ils ne touchent pas. Claude Lévi-Strauss en conclut : « s’il en est ainsi, c’est que les choses ne sont pas connues parce qu’elles sont utiles, c ’est parce qu’elles sont déclarées utiles qu’elles sont connues ».
Ce qui, dans notre jargon pédagogique, voudrait dire que le symbolique surdétermine l’instrumental.
Par exemple, je pourrais tenter de vous convaincre de consommer du chien, comme le font les Indiens d’Amérique du Nord, avec une longue liste d’arguments rationnels. Vous n’en seriez pas convaincu parce que le chien occupe dans notre espace symbolique occidental la place de l’animal de compagnie qui n’est pas la place de l’animal de consommation.
Pour beaucoup d’élèves, la place du savoir dans leur univers symbolique pose problème. Cette place n’est pas stabilisée et ne leur paraît pas comme un moyen de grandir. Elle n’est plus liée aux fondements de ce qui fait grandir, c’est-à-dire à la transgression.
Un ami anthropologue m’a raconté comment les Népalais suscitent la motivation. Quand ils veulent transmettre des savoir-faire, construire une maison, faire la cuisine, tisser un tissu, ils se réunissent la nuit, entre adultes, se font protéger par des gardes et interdisent aux enfants d’assister à la réunion. Si l’un d’entre eux s’approche, il est puni et rossé. L’enfant doit donc « voler » les savoirs pour accéder à un autre statut. Ce savoir est l ’objet d’une transgression.
Pour utiliser un registre facile, on pourrait dire que les Népalais sont dans le registre de l’érotisme alors que notre école est plutôt dans celui de la pornographie qui consiste à tout étaler en faisant semblant que cet étalage provoque le désir.
La motivation a partie liée avec la croissance, ce qui fait qu’un individu sort de l’infantile pour accéder à la véritable enfance et ensuite à l’âge adulte. Il entre ainsi dans une dynamique sans doute inachevée et d’inachèvement mais en tout cas dans une dynamique dans laquelle il est actif.
 
Pascale CERTA-LAFITTE
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à l’échec de ces formes de motivation auprès d’un certain nombre d’enfants.
 
Philippe MEIRIEU
La ruse rousseauiste, qu’on trouve déclinée dans la notion de « situations/problèmes » en didactique par exemple, est une ruse qui ne fonctionne que pour autant que le savoir scolaire est valorisé dans l’imaginaire de l’enfant. Si le savoir scolaire n’est pas perçu comme une occasion de grandir, de subvertir un certain nombre d’enfermements, de devenir adulte et de gagner des droits et des devoirs, il ne sera pas investi comme objet de désir dans une dynamique de motivation.
 
Pascale CERTA-LAFITTE
Vous écrivez « il faut d’abord réinstaller le savoir dans l’ordre du désirable ». Est-ce à dire mettre le savoir sur un piédestal ?
 
Philippe MEIRIEU
Non, ce n’est pas ce que je dis. De même que Cécile Delannoy, Serge Boimare, ou Françoise Dolto, je crois que réinstaller le savoir dans le désir, c’est le réinstaller dans ce qui l’a fait naître, et dans ce qui le fait vivre ; dans ce que j’appelle « les questions anthropologiques fondatrices ». Ces questions sont au cœur des préoccupations fondamentales des adolescents, et nous les avons lâchement abandonnées à Walt Disney et aux thrillers américains.
Nous sous sommes repliés sur une conception que j’estime extrêmement étroite de la laïcité dans laquelle nous ne disons jamais rien de ce qui est essentiel : pourquoi je peux haïr et aimer quelqu’un en même temps, pourquoi j’ai envie de tuer et pas le droit de tuer, pourquoi mon frère, qui m’est très proche, m’est insupportable ? Pourquoi ces nœuds anthropologiques forts ont-ils quitté le savoir scolaire, à partir de l’école primaire, pour ne laisser qu’une espèce de fossile dans lequel ne vibre plus le désir qui a fait naître ces savoirs-là ?
Les gens qui inventent les savoirs ne le font pas pour créer des problèmes aux élèves. Or, à la question « à quoi servent les mathématiques ? » que je posais à des élèves d’une 6ème de consolidation, la réponse unanime était « ce sont des tests inventés par des mathématiciens pour vérifier que les élèves peuvent passer en classe supérieure ».
Les élèves n’imaginent pas que le désir de savoir puisse s’enraciner dans le désir de comprendre, de grandir et de vivre, de se réunir à d’autres par des concepts ou des œuvres, qui nous relient aux autres et ne nous isolent plus à l’intérieur de notre égocentrisme.
J’appelle ce moment « l’effet Bourrel », d’après la très vieille série télévisée « Les cinq dernières minutes »: « Bon Dieu, mais c’est bien sûr !» : on se découvre capables de comprendre des choses ensemble, on accède à cette forme de subversion de l’intelligence, qui réunit, qui découvre, qui permet que des choses qui étaient dispersées deviennent tout d’un coup accessibles, qu’on puisse s’en emparer et qu’on soit heureux de le faire.
Accéder à cela, c’est travailler au fond sur la motivation. C’est un travail de très, très longue haleine et qui concerne la totalité des disciplines scolaires.
 
Pascale CERTA-LAFITTE
Isabelle Causse-Mergui, on parle ici de l’ensemble des disciplines ; mais l’ enfant a-t-il le droit de ne pas s’intéresser à certaines matières ? Avec les enfants que vous suivez en orthophonie, travaillez-vous sur la globalité de la motivation ou sur la motivation pour un apprentissage scolaire ?
 
Isabelle CAUSSE-MERGUI
Comme orthophoniste travaillant sur des cas d’échec scolaire très graves, j’ai plutôt une vision de ce qu’est la non-motivation. La non-motivation que constatent les enseignants ou les parents qui m’amènent les enfants s’observe en classe, dans une situation collective. Avec moi, par contre, ils se révèlent extrêmement motivés. En 23 ans, je n’ai jamais vu un enfant pas motivé, même ceux qui m’arrivent parfois avec l’envie de se suicider.
La motivation est inhérente à la vie. Les enfants, qu’on me décrit comme paresseux, ne me lâchent pas des yeux et sont concentrés sur tout ce que je leur demande.
Je crois que ce n’est pas le manque de motivation qui est la cause de l’échec, mais plutôt l’échec qui est la cause d’une non-motivation secondaire. Il y a plusieurs causes de non-motivation, de même qu’il y a plusieurs causes d’échec. Il y a toujours plusieurs causes concomitantes